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contre l'installation d'une porcherie industrielle à Chauvigny

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Eléments de Lisibilité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
20-01-2009

En quoi ne serait il pas « raisonnable » d’implanter une porcherie industrielle dans la région nord de Chauvigny ?

En répondant à quelques une des interrogations de chacun, cette page (et au fur et à mesure de son élaboration) va proposer quelques éléments de lisibilité.

--------- Les interrogations ------------

1 / Le lisier d’élevage industriel, c’est quoi, .... et quels peuvent en être les impacts environnementaux (environnement au sens large)

2. Au delà du projet lui même,existe t il des causes « plus subtiles » pouvant favoriser l’existence, mais aussi l’importance de ces impacts environnementaux … et pour chacune de ces causes, quelle est la pérennité de leur influence ?

2.1 / Les spécificités du projet

2.2 / Le professionnalisme des acteurs

2.3 / Le contexte environnemental local.

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Le lisier c’est certes un mélange de féces et d’urines avec plus ou moins d’eau, c’est également des odeurs, mais de façon plus « discrète » c’est également :
  • de l’Azote (8g/kg de lisier) qui par oxydation se transforme en Nitrates. Il faut savoir que l’enrichissement des eaux superficielles et souterraines par les nitrates entraîne des problèmes de potabilité des eaux. A 50mg/l une eau n’est plus potable.
  • du Phosphore (7,5g/kg de lisier). L’enrichissement des eaux et des sols par l’azote et le phosphore est à la source d’une « asphyxie » des milieux appelée "l’eutrophisation".
  • des Métaux (22g de zinc/animal , 19g de cuivre/animal, etc.). Ces éléments sont présents sous la forme d’oligo éléments contenus dans les compléments vitaminés mis en œuvre dans l’alimentation des porcs en vue de leur engraissement. Une partie infime étant assimilée par les cultures, une part importante de ces traces métalliques se stocke dans les sols, le reste étant entraîné par et dans les eaux.
  • des Germes banals ou pathogènes (10 puissance 7 à10 puissance 12 germes /g de lisier). La contamination bactérienne des cours d’eau et/ou de l'air est possible.
  • des Antibiotiques: Traitement médical préventif et curatif nécessaire à l’élevage mais dimensionné ici par une concentration importante d’animaux, un certain volume de « résidus d’antibiotiques » est rejeté via le lisier dans le milieu naturel.
  • Impact prévisible sur l'environnement de l'épandage de lisier de porc entre Chauvigny et l'Ozon (cf Mr Michel Caillon - Hydrogéologue)

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2. Au delà du projet lui même,existe t il des causes « plus subtiles » pouvant favoriser l’existence, mais aussi l’importance de ces impacts environnementaux … et pour chacune de ces causes, quelle est la pérennité de leur influence ?

Trois thèmes principaux recèlent des « causes subtiles » pouvant favoriser l’importance des impacts sur l’environnement:

2.1 les spécificités du projet

2.2 le professionnalisme des acteurs

2.3 le contexte environnemental local.

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2.1 / Les spécificités du projet

Le projet de porcherie c’est :

  • 6968 porcs en continu (18700 porcs par an) …. C’est beaucoup d’animaux, mais c’est surtout beaucoup de risques d’épidémie donc c’est beaucoup de traitements préventifs et curatifs, et que ce soit dans l’air ou dans l’eau c’est beaucoup de germes et beaucoup d’antibiotiques.
  • 12200 m3 de lisier. C’est beaucoup …. c’est à peu prés un terrain de foot inondé de lisier sur une hauteur de 1.5 m .
  • 58 tonnes d’azote … c’est beaucoup de nitrates. Bonjour la tendance à la potabilité de l’eau.
  • 29 tonnes de Phosphore …. c’est pas mal et bonjour l’eutrophisation « asphyxie » de l’eau.
  • 500 Ha d’épandage. C’est beaucoup …. mais c’est surtout beaucoup de points d’eau à contourner, de fossés à éviter, de transports à risques car les 500ha ne sont pas d’un seul tenant.
  • 2 camions par jour (en moyenne). C’est beaucoup … mais c’est nécessaire pour les transports soit d’animaux vivants, soit d’équarrissage, soit d’aliments.

Le projet de porcherie ce n’est pas :

  • un créateur d’emplois. Alors que dans le contexte actuel de Chauvigny on « attend de la création d’emplois » ….. ici bien au contraire ce projet est destructeur d’emplois. En effet pour 3 nouveaux emplois « partiels » annoncés,
    • une douzaine d’éleveurs du groupe vont disparaître (Limousin).
    • de plus quid de l’impact local sur l’essor de notre Cité, donc sur les emplois existants, et cela sous les aspects :
      • Culturel, Artisanal, et Touristique via la Cité Médiévale, l’Aérodrome, le Pays Chauvinois ?
      • Industriel via l’attirance donnée par l’image de Chauvigny aux investisseurs ?
  • un émetteur de retombée économique. En l’absence de taxe professionnelle (le groupe MC PORC étant basé dans l’Allier) , pas un seul euro ne sera distribué à la collectivité locale. Egalement quid du devenir des prix des terrains et propriétés environnantes ?

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2.2 / le professionnalisme des acteurs

Par hypothèse, le professionnalisme individuel n’est pas à remettre en cause directement.

Cependant au travers de contraintes économiques on peut craindre que des points de vulnérabilité puissent l’affecter.

A la différence des autres maillons de la filière du porc et de la distribution, les éleveurs porcins sont déficitaires depuis plus de 10ans (début 2009, un kilo de porc coûte à produire 1,54 euro et est acheté à l'éleveur 1,40).

La « just – survie » des éleveurs est « stratégiquement » entretenue par un « jeu de taquins », à savoir:

o Une gestion du cours du porc basée entre autres sur une négociation annuelle au niveau Européen d’un volume de viande non vendu et stocké (100 000T pour 2009) permettant ainsi à la fois de créer le besoin tout en étant en surproduction.
o Des sollicitations continues faites
1. à l’Etat (donc faites à nous tous) pour aider la profession en diminuant au niveau national les contraintes, les charges et les procédures.
2. à l’Europe pour disposer des restitutions, c’est à dire recevoir sous forme de subventions les sommes correspondant aux écarts de coûts import/export des volumes de viande de porc échangés.
o Des débats anciens et sans fin, car entretenus, sur le « à qui profite la marge ? »
C’est dans ce contexte (économique au fonctionnement nébuleux) , mais aussi dans celui du consommateur berné (les prix augmentent) et surtout d’exploitants exploités que le professionnalisme nécessaire à la rigueur d’exploitation des élevages révèle à la fois son importance mais aussi sa vulnérabilité.

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2.3/ le contexte environnemental local

 

1. Un tiers du territoire Français est officiellement reconnu et labellisé « zone vulnérable aux nitrates ». Ce qui signifie que, sans des actions fortes de surveillance de la part des « Entités responsables de bassin-SAGE Vienne» la qualité des potentiels d’eau de la région se dégrade. Le risque de rapprochement au seuil de non potabilité de 50mg/l de Nitrates est directement lié à l’efficacité de ces actions. Il faut savoir que :
a. La région d’implantation de ce projet de porcherie industrielle de Chantegeay ainsi que l’ensemble des terrains d’épandage sont dans ce territoire, donc sont en « zone vulnérable aux nitrates ».
b. les eaux de deux puits, ceux de "la Guérinière" et de "Chaumont", sont largement polluées donc « non potables » avec des taux, respectivement de 68 mg/L et de 160 mg/L de nitrates.

 

(à suivre )

 

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Actualité


 

   [ 02/07/2010 19:28 ] Le compromis intervenu vendredi à l'Assemblée sur la question de la taille des élevages porcins est un "véritable coup de poignard à la politique de préservation" de la qualité de l'eau, a réagi l'association Eau et Rivières de Bretagne.


  Cette décision est "un véritable coup de poignard à la politique de 
préservation et de restauration de la qualité de l'eau", a déclaré Jo Hervé, président de cette association pionnière dans la défense de l'environnement.
   "Ce vote bafoue les récents avis très critiques de la Cour des comptes et du Conseil d'Etat sur l'inefficacité de la lutte contre les pollutions agricoles", a ajouté M. Hervé.
   "Plus on dépense d'argent public pour faire face aux dégâts 
environnementaux de l'agriculture productiviste, plus les pouvoirs publics démolissent les dispositifs de prévention et de régulation des pollutions agricoles", a déploré le porte-parole de l'association, Jean-François Piquot.
   Alors que les algues vertes sont à nouveau présentes sur certaines plages, "cette disposition législative rendra encore plus difficile la lutte contre les pollutions par les nitrates agricoles et les marées vertes. Personne ne s'étonnera de voir s'aggraver le fossé entre la société et l'élevage productiviste", poursuit Eau et Rivière dans un communiqué.
   Au moment où "tous les acteurs bretons participent, à l'invitation du préfet de région, à une large concertation (...), ce recul organisé de la réglementation environnementale ne restera pas sans conséquences. La confiance est rompue", conclut l'association. 
   Selon le compromis voté en séance, il y aura un décret, avant le 31 
décembre 2010, qui précisera les règles applicables pour des "regroupements d'élevage", ce dont s'est réjoui le député UMP Marc Le Fur, à l'origine de l'amendement discuté à l'assemblée: "si le décret colle au texte de loi, cela permettra de faire des regroupements d'installations sur un site existant sans 
faire d'enquête publique ni d'étude d'impact", a-t-il dit à l'AFP.
   Eau et Rivière rappelle que les deux derniers programmes engagés depuis 2007 pour réduire les nitrates en Bretagne -favorisés par l'élevage industriel- "vont coûter aux contribuables plus de 250 millions d'euros".

 
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