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23-06-2009

 

GRIPPE A/H1N1 : L’INSUFFISANCE DE SURVEILLANCE DES PORCS à nouveau mise en cause



Un nouvel éditorial de la revue Nature dit en exergue que la pandémie de grippe 2009 met en lumière le besoin urgent d’un organisme international indépendant pour la recherche sur les maladies humaines qui proviennent des animaux. Un premier article de Nature, publié sur son site, avait déjà lancé la polémique : l’insuffisance de surveillance des animaux de ferme pourrait notamment expliquer l’émergence puis l’extension de la grippe A/H1N1. Les réflexions qui suivent sont peu amènes. Exemples.

Les spécialistes de la santé animale se trouvent dans une situation gênante : contrairement à leurs confrères de santé publique (humaine), qui concentrent leur énergie à la protection des 6,8 milliards d’humains de la planète, ils travaillent sous le contrôle d’agences gouvernementales dont la mission première est de promouvoir et de protéger le troupeau national et international et le commerce de la viande !

De ce fait, il y a risque de « conflits d’intérêts »… et de déni du problème. « Depuis les premières émergences de l’actuelle grippe au Mexique et aux Etats-Unis, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) basée à Paris a dépensé une énergie considérable pour tenter d’empêcher les gens d’appeler le virus swine flu » ; le souci tout à fait légitime de l’OIE est que cette dénomination puisse affecter négativement le commerce, avec des pays prenant des mesures inappropriées tel l’abattage de troupeaux, ou prétextant des interdiction du commerce des porcs et de la viande de porc (pigs and pork) ».

On se doute bien que Nature n’avance pas de tels arguments en toute innocence. Cette revue scientifique de référence mondiale ajoute ici que « d’un strict point de vue scientifique, il existe des preuves génétiques évidentes que ce nom est approprié : c’est un virus grippal du porc (swine influenza virus) qui a sauté du porc à l’homme ».

L’OIE aurait affirmé le contraire (de l’homme au porc), citant le seul exemple mondial connu : le cas d’une ferme au Canada. Mais a-t-on enquêté, demande l’éditorialiste, et d’ailleurs les éleveurs sont peu incités à déclarer la swine flu du fait des répercussions possibles sur les ventes, d’autant que les animaux se rétablissent.

Néanmoins, on n’a pas mis en place de veille renforcée. Et Nature évoque le Réseau européen de surveillance de la grippe des porcs « dont la chiche subvention de 100 000 euros a expiré en mars, juste un mois avant que la souche pandémique soit détectée pour la première fois ». Conclusion : si le virus circule chez les porcs et s’échange entre porcs et humains, ceci augmente le risque d’un réassortiment génétique vers une souche plus pathogène… notamment au moment de la « deuxième vague » de la pandémie, possiblement au moment de la grippe saisonnière.

Il y aurait donc des intérêts concurrentiels ? Mais Nature apporte au crédit de l’OIE (nom original : Office international des épizooties) la création en 2005 d’un organisme conjoint avec la FAO (Food and Agriculture Organization des Nations-Unies) : l’OIE/FAO Network of Expertise on Animal Influenza, l’OFFLU, qui coordonne le travail de laboratoires de surveillance et de recherche sur les maladies humaines provenant d’animaux (les anthropozoonoses). L’OFFLU est également en relation avec l’OMS et les agences sanitaires des pays membres.

L’OFFLU a besoin d’un support international pour pouvoir élargir son activité de recherche et mieux coordonner la surveillance planétaire de la grippe et autres zoonoses transmissibles à l’homme. L’OMS et les autres organismes de santé publique doivent s’impliquer dans ce réseau. Pour l’éditorialiste peu tendre de Nature, « Surveillance of human diseases that originate in animals remains in the nineteenth century » : la surveillance (vétérinaire) des maladies humaines qui ont leur origine chez les animaux en est restée au 19e siècle… Elle doit être revue (1), mais elle reste « chronically underfunded » : chroniquement sous-financée…


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Dernière mise à jour : ( 25-06-2009 )
 
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Actualité


 

   [ 02/07/2010 19:28 ] Le compromis intervenu vendredi à l'Assemblée sur la question de la taille des élevages porcins est un "véritable coup de poignard à la politique de préservation" de la qualité de l'eau, a réagi l'association Eau et Rivières de Bretagne.


  Cette décision est "un véritable coup de poignard à la politique de 
préservation et de restauration de la qualité de l'eau", a déclaré Jo Hervé, président de cette association pionnière dans la défense de l'environnement.
   "Ce vote bafoue les récents avis très critiques de la Cour des comptes et du Conseil d'Etat sur l'inefficacité de la lutte contre les pollutions agricoles", a ajouté M. Hervé.
   "Plus on dépense d'argent public pour faire face aux dégâts 
environnementaux de l'agriculture productiviste, plus les pouvoirs publics démolissent les dispositifs de prévention et de régulation des pollutions agricoles", a déploré le porte-parole de l'association, Jean-François Piquot.
   Alors que les algues vertes sont à nouveau présentes sur certaines plages, "cette disposition législative rendra encore plus difficile la lutte contre les pollutions par les nitrates agricoles et les marées vertes. Personne ne s'étonnera de voir s'aggraver le fossé entre la société et l'élevage productiviste", poursuit Eau et Rivière dans un communiqué.
   Au moment où "tous les acteurs bretons participent, à l'invitation du préfet de région, à une large concertation (...), ce recul organisé de la réglementation environnementale ne restera pas sans conséquences. La confiance est rompue", conclut l'association. 
   Selon le compromis voté en séance, il y aura un décret, avant le 31 
décembre 2010, qui précisera les règles applicables pour des "regroupements d'élevage", ce dont s'est réjoui le député UMP Marc Le Fur, à l'origine de l'amendement discuté à l'assemblée: "si le décret colle au texte de loi, cela permettra de faire des regroupements d'installations sur un site existant sans 
faire d'enquête publique ni d'étude d'impact", a-t-il dit à l'AFP.
   Eau et Rivière rappelle que les deux derniers programmes engagés depuis 2007 pour réduire les nitrates en Bretagne -favorisés par l'élevage industriel- "vont coûter aux contribuables plus de 250 millions d'euros".

 
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